Notre-Dame du Val Info mars 2018

Eglise catholique - Secteur Val de Bussy - mars 2018

VERSION IMPRIMABLE

 
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Laissez-vous réconcilier

Nous vivons le carême comme un temps d’efforts, de résolutions à essayer de tenir. C’est sans doute nécessaire, compte tenu de notre nature humaine ! Mais le carême chrétien ne serait-il pas l’appel à une autre attitude ? Avez-vous remarqué que le mercredi des Cendres, St Paul nous lance cette invitation : « Laissez-vous réconcilier … »

Alors finalement, il ne s’agirait pas de faire des efforts sur nous-mêmes pour nous réconcilier, mais de laisser l’Esprit Saint agir en nous pour nous conduire sur un chemin de réconciliation. Jésus a été conduit au désert pour être tenté. Mais il était d’abord en communion avec son Père. C’est pourquoi il a pu déjouer le tentateur. Et même, dit l’Evangile de Marc, il était avec les bêtes sauvages (c'est-à-dire en communion avec la nature) et les anges le servaient (c'est-à-dire en communion avec le Ciel). Le carême c’est peut être cela : Pendant 40 jours, accepter d’aller au fond de nous-mêmes, pour trouver une communion avec la création et avec le Seigneur. Et alors il n’est plus question d’efforts à faire à la force du poignet, mais de laisser le Seigneur agir en nous.

Comme dit le théologien Maurice Zundel, « Dieu n’est pas quelqu’un dont on parle, c’est Quelqu’un que l’on respire, que l’on communique par l’atmosphère qui émane de nous. Alors chacun de nos gestes, s’il est le don de nous-mêmes, est un geste créateur d’éternité. Si nous pouvons mettre l’éternité dans chaque geste, alors nous vivrons dans la sérénité, parce que nous ne serons plus tourmentés. Nous bâtirons l’éternel et nous serons libres. »

J’ai rencontré récemment deux personnes de la paroisse qui étaient en conflit, et voici que dans ce temps de carême elles sont tombées dans les bras l’une de l’autre, sans savoir trop pourquoi, mais en découvrant que c’est l’Esprit Saint qui les y avait poussées. J’ai vu aussi plusieurs couples prêts à se séparer qui, mystérieusement, se sont réconciliés.

Oui, dans ce carême 2018, acceptons de nous laisser prendre par la miséricorde du Seigneur. Laissons-nous réconcilier.

Père Dominique Fontaine

 

Interview - « Pas de dogme à professer, juste un message à partager »

C’est sous cette profession de foi que Jean-François Bernardini a entamé la conférence traitant de la non violence, en notre église Notre-Dame du Val le mardi 13 Février.

Par Patrick Mannier

 

soiree%20non%20violence%201.JPGIl pose les bonnes questions, interpelle et met les pendules à l’heure avec beaucoup de bon sens et une touche appréciable d’humour bien placée.

Et notre conférencier n’a pas peur du ridicule, il le dit : Un chanteur corse osant parler de non violence, voilà qui semble inattendu.

Son but ? Informer, sensibiliser, partager son expérience humaine sur un thème que l’on fuit alors qu’il réclame toute notre attention pour parvenir non à éradiquer ce fléau mais en réduire les effets pervers.

Pendant plus d’une heure Jean- François nous explique le processus de la violence et quelques pistes pour désamorcer certains débuts de conflits au travers de témoignages et d’exemples concrets, vécus ! C’est ainsi que sans les lui poser, il répond à nos questions implicites :

Pourquoi la violence ?

La violence est un marché : vous la trouvez partout car elle se nourrit de nos peurs et de conflits mal gérés, soit on la nie, on la refoule, soit on lui cède. Avez-vous essayé d’enlever une écharde à coups de marteau ?

 Vaut-il mieux mourir que tuer ?

Oui, c’est une évidence ! Tantôt sacralisée, tantôt banalisée, la violence ne peut en rien se justifier, et le meurtre n’est pas négociable. Si tu tues mon corps, tu tues ton âme !

Savez-vous que Christian, en Corse, est celui qui fait partie de la famille « humaine ». Voilà tout un programme. Si vous comprenez cela, vous êtes sur la bonne voie car bien que différents nous sommes tous en capacité de travailler ensemble dans le jardin du bien commun.

Mais pourtant, face à l’injustice, il est légitime de réagir : non pas réagir mais agir, c'est-à-dire autrement sans lâcher la bride à nos pulsions de « crocodile ».

En effet, l’injustice pousse à la colère et c’est naturel ; mais la colère est comme un voyant rouge sur un tableau de bord, il s’agit alors de la transformer, non de la refouler ni d’y céder. Avec du recul on voit bien que la violence est une utopie car elle ne résoud rien, elle désenchante les luttes les plus nobles, on n’éteint pas le feu avec le feu ! C’est la peur qui nous pousse à être soit des spectateurs passifs soit des acteurs violents ; entre ces deux extrêmes il y a « le pas de côté », ce moyen d’éviter le conflit sans perdre sa dignité, ni victime ni bourreau

La violence engendre-t-elle donc la violence ?

Voilà une autre évidence. Tous les enfants battus ne font pas des tyrans, mais tous les tyrans ont été des enfants battus. Il n’y a pas de fatalité mais l’éducation (parents, école, société) doit nous réapprendre le sens des choses. Le plus important de la vie ne s’achète pas : il s’obtient par l’effort ! Ce principe est fondamental. Mais il faut réaliser aussi que l’être humain ne peut agir isolément ; notre besoin d’appartenance est ontologique, enraciné dans nos gènes et quand on perd le port d’attache on se sent perdu : ce sont 5000 incidents violents dans les prisons ou 220.000 tentatives de suicides par an.

La violence se révèle contre nature, tous nous avons besoin les uns des autres et nous avons besoin de travailler l’enthousiasme qui nous rend plus forts. Le quotient émotionnel doit, en même temps, apprendre à être géré, éduqué. Savez-vous que le mur de Berlin a été détruit par des non violents ?

Alors, pour lutter contre la violence, que faut-il faire ?

a) Il faut bien comprendre que la menace initiale c’est l’idéologie, celle qui nous fait croire que la violence peut résoudre le conflit. Le piège c’est aussi croire qu’il faut choisir entre violence et passivité, assimilée à de la lâcheté. Or c’est tout le contraire, il faut refuser ce chantage odieux. Dire « non » relève du vrai courage, céder à la violence est une fuite.

b) Vous savez qu’en Corse les gens de mon village ne parlent pas d’empathie : ils la pratiquent chaque jour ! Finalement je vais mieux quand le monde va mieux (et inversement).

c) Il y a des « prototypes » qui fonctionnent comme des débuts de réponses, à commencer par l’éducation. Former les enseignants, collégiens et lycéens, mais aussi dans les prisons, ONG, clubs sportifs… car dans le biotope qui nous affaiblit nous avons besoin d’une initiation. Oui nous avons besoin d’armes d’instructions massives !

d) A la maison comme dans la vie, il faut fixer les limites pour protéger et aider à se construire. C’est pouvoir répondre sans accuser et dire par exemple « tu as droit à toutes les émotions, pas à tous les comportements ».

e) Les mots qu’on utilise peuvent être source d’apaisement (comme la girafe qui a un cœur énorme) ou torves et mortels (comme le chacal à la mâchoire acérée) : être dans la bienveillance, n’est-ce pas dire par exemple « tu as fait une faute, tu n’es pas ta faute », ou encore « je ne suis pas en colère contre toi mais pour toi ». Non seulement cette formule inverse le processus de compréhension par l’autre mais aussi pour soi. Les neurosciences nous apprennent que nous avons un cerveau qui ne souffre pas l’injustice mais se veut mutualiste et compassionnel.

Ça ne vous rappelle pas certains passages de l’Evangile ? »

© photo Cong Dong Le


 

LIVRE

Quand vous priez, dites « Notre Père »,par le Pape François.

Editions Bayard, 2017.

Par Jean Dupuis

livre%202.JPGLe chapitre XI de l’évangile de St Luc s’ouvre sur une scène où Jésus prie seul, à l’écart. Un disciple lui demande : « apprends nous à prier ». Jésus répond : « Lorsque vous priez, dites : Père…». Ce mot de « Père » est pour le Pape le secret de la prière de Jésus. Il est la clé que Jésus donne pour que nous entrions nous aussi dans cette relation de dialogue confidentiel avec son Père. Dieu est notre Père, notre père à tous. Nous ne lui disons pas : « Mon Père », mais : « Notre Père »

Jésus nous invite à prier pour que le nom du Père soit sanctifié, et pour que son règne vienne. Sanctifier le nom du Père, c’est faire pour Lui une grande place dans notre cœur, et Le laisser manifester sa sainteté en nous. Faire venir son règne, c’est collaborer au développement de sa « seigneurerie d’amour ». Sa volonté est que nous fassions partout grandir l’amour de Lui-même et du prochain.

Jésus nous invite ensuite à demander au Père de donner à manger à tous : donner à manger le pain de Vie autour de la table de l’eucharistie, mais aussi donner à manger le pain matériel à toute l’humanité dans le monde où la faim règne si cruellement. Le pardon est lui aussi un don de Dieu : il permet au pécheur pardonné de savourer l’affection du Père. François insiste sur un autre bienfait du pardon : la conscience d’être des pécheurs pardonnés nous rend capables d’accomplir des gestes concrets de pardon fraternel. Enfin, n’hésitons jamais à demander l’aide de Dieu quand nous sentons que Satan nous induit en tentation. Dieu est un père patient qui nous comprend, nous soutient, et nous délivre du mal.

Ce livre accessible à tous permet de mieux comprendre et réciter la prière que Jésus nous a enseignée.

Référence de la bibliothèque : 248-3


 Le point sur le Denier de l’Eglise

le-Denier_RVB.jpgChaque année, les catholiques sont appelés à donner au Denier de l’Eglise, qui est la première ressource du diocèse, en particulier pour le traitement des prêtres et des salariés laïcs.

Dans le diocèse, le nombre de ménages qui versent au Denier est passé de 31 000 en 2014 à 29 100 en 2017. Le montant a été cette année de 2 300 000 euros contre 2 400 000 en 2014. Le nombre de donateurs a baissé, mais la moyenne des dons est plus forte.Pour notre Pôle Bussy-Lagny, le nombre de donateurs a augmenté (la population aussi !) : 1700 en 2017 contre 1060 en 2014, pour un montant de 149 000 euros, contre 50 000 en 2014. Merci pour la générosité de tous ceux qui donnent.

Nous constatons que beaucoup de familles jeunes ne connaissent pas le Denier de l’Eglise et n’en mesurent pas l’importance. La campagne d’information l’an dernier a permis de trouver 600 nouveaux donateurs dans le diocèse, mais cela ne compense pas la perte de ceux qui ne donnent plus ou qui sont décédés.

Merci de prendre au fond des églises les tracts bleus ou les petites cartes bleues et vertes format carte de crédit. Ce temps du carême est aussi un temps de partage pour prendre soin de la vie de notre Eglise.

Père Dominique


Partager un repas pendant le carême

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Nous sommes invités à jeûner les vendredis de carême, mais les dimanches restent le Jour du Seigneur et donc jour de fête et de partage. Une proposition que nous vous faisons pour ce carême est d’inviter à manger chez vous après la messe une famille, un couple, une personne seule, pour apprendre à se connaitre. Ne prévoyez pas un repas de fête mais quelque chose de simple qui permette la rencontre. Alors à la fin de la messe, postez-vous à la sortie de l’église. Quelqu’un d’inconnu se présentera certainement.

Père Bruno et Père Dominique

 

PAGE des JEUNES

Témoignage - « Si nous faisons confiance, nous aurons l’audace de croire »

Par Marie-José Fournier

Ce dimanche 11 février, c’est la journée mondiale des malades. A l’église Notre-Dame du Val une belle célébration se prépare, et l'église se remplit : des paroissiens de tout le secteur vont recevoir le sacrement des malades, et des jeunes handicapés vont recevoir le sacrement de Confirmation. La chorale du KT est prête pour les chants de la messe.

 2018%2002%2011_mjf_messe%20des%20maladesdsc09877.jpgQuatre jeunes de Noisiel et Torcy, Emilie, Alexis, Isaac et Walace vont recevoir le sacrement de Confirmation. Ils ont été préparés par Catherine Oudin en charge de la catéchèse des personnes handicapées pour le pôle de Marne la Vallée/Noisiel. Le frère Marc, responsable de la pastorale de personnes handicapées (PPH) du diocèse, remercie pour l’accueil qui leur est fait pour cette célébration : « Nous sommes nombreux de la pastorale de personnes handicapées. Des bougies, au pied de l’autel symbolisent les personnes qui vont recevoir le sacrement de confirmation aujourd’hui et les huit autres personnes qui seront confirmées le 29 avril à Coulommiers, ainsi que deux autres jeunes qui seront baptisés le 24 juin. » Ces personnes ont suivi toutes ensemble une retraite de préparation.

La célébration est présidée par le père Alain Le Saux, vicaire épiscopal ; il invite l’assemblée à beaucoup d’humanité dans la prière. Les lectures de ce jour invitent à une réflexion devant le handicap et la maladie. En première lecture, le lépreux est impur, il habitera à l’écart (Lv 13, 1-2.45-46) ; dans l’ Évangile un lépreux s’approche de Jésus « Si tu le veux tu peux me purifier » et la lèpre le quitta et il fut purifié. « Va te montrer aux prêtres, cela sera pour les gens un témoignage ». (Mc 1, 40-45)

Dans son homélie, le père Le Saux met en évidence l’audace du lépreux qui transgresse la loi pour s’approcher de Jésus : « Jésus se laisse toucher par la souffrance et il veut révéler la vrai visage de Dieu, un visage plein d’humanité. La guérison vient toujours de deux ingrédients : l’audace et la confiance ». Et le lépreux est guéri. « Le miracle, c’est qu’il a retrouvé sa place. Tous les visages que nous croisons chaque jour nous parlent du visage de Dieu. » S’adressant aux jeunes confirmands : « Audace et confiance, c’est ce qui vous a fait demander le sacrement de Confirmation. Laissez l’Esprit saint vous transformer. » Puis se tournant vers les premiers rangs de l’assemblée : « C’est l’audace et la confiance qui vous ont fait demander le sacrement des malades. » Et il cite des remarques entendues : « Je n’osais pas car j’avais peur de me présenter à l’assemblée comme malade. » « Je pensais que je n’en étais pas digne » : il fait remarquer la grande diversité de l’assemblée, et il conclut : « Ayons l’audace de faire tomber les barrières, croyons au miracle… Si nous faisons confiance, nous aurons l’audace de croire. »

Appel des confirmands, imposition des mains, onction et chant : « Viens Esprit du Dieu vivant, renouvelle tes enfants pour témoigner de ton amour immense. »

Appel des personnes qui demandent le sacrement des malades, imposition des mains, onction et chant : « Au-delà des océans tu es venu me chercher au-delà de mes tourments. »

Les enfants de l’Eveil à la Foi arrivent alors pour présenter le fruit de leur réflexion ; c’est le père Bruno qui les accueille :

- Qu’avez-vous fait ?
- Des cœurs.
- Des cœurs de quoi ?
- Des cœurs de Jésus.
- Il y en a beaucoup. C’est pour offrir à qui ?
- A Jésus.

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La messe est animée par le groupe des 18/30 et les petits chanteurs du KT reconnaissables à leur tunique rouge, accompagnés par Hyacinthe et son groupe de jeunes musiciens.

Oui, il se passe beaucoup de choses à Notre-Dame du Val.

© photo Marie-José Fournier

 

La pastorale de personnes handicapées (PPH)

Frères serviteurs de Jésus,à Rosay en Brie,

Délégation diocésaine pour la PPH

39, rue de Rome  77540 ROZAY-en-BRIE

mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.Tél : 06 11 11 11 37


VIE PAROISSIALE

Une retraite dans la vie pour se mettre à l’écoute de Dieu

Le pôle Bussy-Lagny lance la seconde édition de ce chemin de prière personnel et communautaire. Une occasion de renouveler sa prière et de faire grandir sa relation à Dieu.

Par le Père Jacques

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C’est quoi une retraite dans la vie ?

C’est un chemin de prière guidé par une équipe d’accompagnateurs. C’est une écoute de ce que me souffle l’Esprit saint au milieu de ma vie quotidienne. Nous proposons pour cela une prière personnelle à partir de la Parole de Dieu et de textes d’auteurs spirituels, mais aussi de relire son quotidien et sa vie pour y voir les signes et les appels du Seigneur.

Pourquoi oser l’aventure ?

Il y a mille et une raisons de prendre ce temps d’intimité avec le Seigneur : désir de renouveler sa prière, d’apprendre une nouvelle manière de prier avec les textes de la bible, vouloir être plus à l’écoute de Dieu dans son quotidien, mettre de l’ordre dans sa vie, discerner une question particulière à la lumière de l’Esprit, célébrer différemment cette joie de la Résurrection du Christ, goûter à la miséricorde de Dieu… C’est une manière d’éprouver que le Seigneur donne à chacun selon son désir et ses besoins. Pas besoin d’être un grand priant pour tenter l’aventure. Il suffit d’avoir le désir de se poser. Chacun avance à son rythme. Lors de la première édition il y a deux ans, nous avions eu plus de 30 inscrits. Et personne n’a été déçu !

Comment cela se passera-t-il ?

Les religieuses Auxiliatrices de la communauté de Champs-sur-Marne particulièrement formées à l’animation de ce type de proposition sont à nouveau embarquées avec nous dans cette aventure. Concrètement, il y aura un temps de rencontre hebdomadaire pendant deux mois à l’église St Michel de Lagny. Nous proposons une prière en groupe, un temps de partage, un petit enseignement et des textes tirés de la bible ou de la tradition chrétienne pour prier durant la semaine. Chacun sera invité à rencontrer une personne pour parler du chemin effectué.

 

Dates des rencontres :les vendredi soir 6/04, 13/04, 20/04, 27/04, 4/05, 18/05 et 25/05 de 20h à 22h30
co-voiturage organisé.

Accompagnement personnel à Lagny, Bussy ou Paris, suivant les possibilités

Inscriptions : des tracts avec un coupon d’inscription sont à votre disposition ou par courriel

Renseignements : 06 82 57 82 77

 

 


Extension  Centre Pastoral NDVnovembre2017Comment donner pour participer à l’agrandissement du centre pastoral :

- par internet http://www.catho77.fr - rubrique « j’aide mon Eglise »
Préciser dans « autre affectation » : « Je souhaite que mon don soit affecté à : église Notre-Dame du Val »

- par chèque bancaire à l’ordre de « ADM – église Notre-Dame du Val»
bulletin de souscription disponible au fond de l’église ou au secrétariat, à déposer avec votre chèque au secrétariat du Centre pastoral 33 bd Thibaud de Champagne - 77600 Bussy-Saint-Georges

* 66% de votre don peut être déduit de votre impôt sur le revenu dans la limite de 20% du revenu imposable : le coût réel d’un don de 1500€ par exemple est alors de 500€.

Pour que le projet continue d’avancer, nous avons besoin rapidement du soutien de tous.

Mais la souscription va s’étaler sur plusieurs années, vous pourrez donc aussi renouveler vos dons et par avance, nous vous en remercions.

 


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un temps pour prier

Sur une terre étrangère, je t'invoque, Seigneur.
C'est toi qui m'as fait sortir de mon pays.
Tu as conduit mes pas vers un autre peuple, en prenant continuellement soin de moi.
Tu m'as éloignée du bruit des guerres, tu m'as mise à l'abri, tu as essuyé mes larmes et tu m'as donné du repos.
Loin des miens, loin de ma patrie, je pensais ne jamais trouver la paix...
Mais tu es venu vers moi, et tu as chassé mes angoisses.
Toi le Dieu qui demeures le même dans tous les pays, toi l'ami fidèle des exilés et des souffrants, tu m'as accueillie à travers tous ceux qui m'ont traitée avec bonté.
Sous ton regard bienveillant, loin de chez moi, j'ai trouvé une famille,j'ai trouvé ma place.
Sur une terre étrangère, devenue mienne, je t'invoque, mon Dieu,je te rends grâce.

Ruth, Congo RDC

En ce temps de carême, cette prière,publiée par la Pastorale des migrants de notre diocèse, peut nous aider à écouter la voix de tous ceux qui ont du quitter leur pays.

Parmi les 10 lépreux, il n’y a que cet étranger pour rendre gloire à Dieu"

(Luc 17,18)


DOSSIER

Carême 2018 : Prière-Jeûne-Partage-Réconciliation

 
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Vivons le carême dans la joie

On voit souvent le carême comme un temps difficile à vivre, où on présente des « faces de carême » ! Et pourtant c’est autre chose que nous propose l’Eglise pour ces 40 jours où nous suivons Jésus vers sa Pâque. Nous voudrions montrer dans ce dossier que le carême est plutôt un temps de joie.

Quelle joie de se sentir plus près du Seigneur, comme dit Elisabeth, et de réactualiser la joie de son baptême ! Quelle joie de partager la ferveur et l’émotion des catéchumènes qui vont être baptisés à la veillée pascale et qui s’expriment dans ce numéro ! Quelle joie de se sentir plus près des autres, de mes proches comme de mes lointains, comme nous le permettra le CCDF – Terre Solidaire ! Quelle joie de redécouvrir la prière silencieuse, le cœur à cœur avec Dieu, la lecture priante de l’Evangile qui rend nos cœurs brûlants ! Quelle joie de vivre la réconciliation avec les autres en nous laissant réconcilier avec Dieu par le Christ, en retrouvant le chemin du sacrement du pardon, à l’image du Curé d’Ars ! Quelle joie de nous priver de choses finalement pas si importantes que ça dans nos vies et de découvrir ainsi l’essentiel, la vie éternelle à vivre dès maintenant. Comme l’écrivait Madeleine Delbrêl : « Jésus est venu nous apprendre comment posséder la vie éternelle dès cette terre et traverser la mort sans la perdre. »

Alors vivons durant ce carême la joie d’être sauvés !

Père Dominique Fontaine

 

Appelés par le Père

Il y avait 148 adultes de Seine et Marne, en ce dimanche 18 février, à répondre à l'appel du Baptême, à la cathédrale de Meaux. Ils succédaient aux 90 jeunes qui, la veille, étaient dans une démarche identique.

Pourquoi demander le baptême ?
"Natacha, une des sept catéchumènes de Bussy, répond d'emblée : "un jour, on ne sait pourquoi, on écoute, on entend un appel intérieur, et on y répond avec une joie particulière" et Sébastien de renchérir : "oui, et c'est le bon moment pour y répondre. " Laurence ajoute : "c'est rendre plus concrète notre démarche qui va aboutir en mars prochain. "

Y a t-il un lien entre le carême commencé et cette célébration ?
Dans l'appel est contenue la notion de pardon et de purification ; je ne crois par que ce soit un hasard du calendrier... oui la notion de pénitence y trouve bien sa place.

Comment vivez-vous cette journée ?
C'est un premier pas vers un état personnel décisif, moment particulièrement important que je vis avec intensité.

Votre projet ?
Faire une retraite spirituelle, ça s'impose pour avancer !"

e baptême est l'engagement envers Dieu d'une conscience droite et il sauve par la Résurrection du Christ" (Pierre 3,21) : telle est bien la démarche de fond de tout catéchumène

Patrick Mannier

 

Le curé d'Ars, apôtre de la réconciliation

Saint Paul nous dit : « Laissez-vous réconcilier par le Christ ». Le carême est le temps propice pour cette réconciliation qui donne paix à notre âme. Voici l’histoire de Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars, reconnu de son vivant comme celui qui aide les fidèles à se réconcilier avec Dieu.

 Par le Père Bruno Sautereau

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Né le 8 mai 1786 à Dardilly, près de Lyon, dans une famille de cultivateurs, Jean Marie Vianney connaît une enfance marquée par la ferveur et l’amour de ses parents. Le contexte de la Révolution Française va cependant fortement influencer sa jeunesse : il se confesse pour la première fois au pied de la grande horloge, dans la salle commune de la maison natale, et non pas dans l’église du village, et il reçoit l’absolution d’un prêtre clandestin.

Deux ans plus tard il fait sa première communion dans une grange lors d’une messe clandestine célébrée par un prêtre réfractaire. A 17 ans, il choisit de répondre à l‘appel de Dieu : « Je voulais gagner des âmes au Bon Dieu » dira-t-il à sa mère, Marie Béluze. Mais son père s’oppose à ce projet, car les bras manquent à la ferme. Il commence à se préparer à devenir prêtre mais il navigue de difficultés en espérance. Il n’arrive pas à retenir et apprendre le latin. Après tant d’années d’effort et de prière, il est ordonné prêtre en 1815.

Envoyé à Ars, il réveille la foi de ses paroissiens par ses homélies, mais surtout par sa prière et sa manière de vivre. Il se sent pauvre devant la mission à accomplir mais il restaure et embellit l’église, fonde un orphelinat, La Providence, et prend soin des pauvres.

Sa réputation de confesseur lui attire de nombreux pèlerins venant chercher auprès de lui le pardon de Dieu et la paix du cœur. Assailli par bien des épreuves et des combats, il garde le souci de la miséricorde, de la réconciliation de la paix.

Il meurt le 4 août 1859, épuisé par le don de soi pour la rédemption des âmes.

Il avait tenté par trois fois de s’enfuir loin de sa paroisse, se croyant indigne de la mission de curé. Lors de ses obsèques, la foule comptait plus de 1000 personnes, dont l’évêque et tous les prêtres du diocèse venus entourer celui qui était leur modèle.

Il est le saint patron de tous les prêtres du monde

 


Le silence nous rapproche de Dieu

Par le Groupe 18 - 30 ans

Priere_Taize1w2.jpgAu cœur des temps de prière de Taizé, nous sommes tous invités à prier en silence pendant un long moment. Faire silence, c’est faire en sorte que les agitations extérieures, mais aussi intérieures, s’éteignent. Parfois, nous nous taisons, mais au-dedans, en nous-mêmes, nous discutons fort, luttant avec nous-mêmes. Tenir le silence suppose une sorte de simplicité. Une simplicité qui nous permet de retirer nos masques et de nous abandonner entre les mains de Dieu. De même que Jésus menaça le vent et la mer et qu’il se fit un grand calme, il peut aussi calmer notre cœur quand il est agité par le doute et la peur. Faisant silence, nous mettons notre espoir en Dieu, nous le laissons nous rejoindre dans nos vies.

Pour Madeleine Delbrêl, « faire silence c’est écouter Dieu ; c’est supprimer tout ce qui nous empêche d’écouter ou d’entendre Dieu ». Pour Benoit XVI, « le silence est capable de creuser un espace intérieur au plus profond de nous-mêmes, pour y faire habiter Dieu ». Alors la prière n’a plus besoin de paroles, ni même de réflexion. Elle se fait silence pour accueillir la parole de Dieu.

Enfin, le silence dans le recueillement, lorsqu’il est vécu à plusieurs, permet la communion dans la prière. Ainsi, au-delà des langues, au-delà des différences, notamment lors des rassemblements internationaux, le silence devient une forme de prière sans frontière.


Témoignage - Suivre le Christ et porter sa croix

« Celui qui ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut être mon disciple » (Lc 14, 27). Parvenons-nous à suivre cette exigence d’amour du Christ ? Ce n’est pas simple. Comme le chemin de croix itinérant du vendredi saint de cette année se déroule à Collégien, nous sollicitons la parole d’un de ses paroissiens. Voici le témoignage d’Élisabeth sur sa façon de suivre le Christ jusqu'à la croix.

Par Elisabeth

La passion du Christ cela a toujours été un trop gros morceau pour moi. Je la trouve insupportable. Quand je pratique la prière de méditation de l’Évangile du jour, je contourne toujours la méditation de la passion. Je n'ai pas les épaules pour cela. Je sais bien que c'est ce que font souvent les religieux ou des grands saints, mais je ne suis jamais arrivée à les imiter. Avec le temps, avec les prières, je suis arrivée à « accepter » la croix du Christ, dans le sens où j'ai compris que je devais surtout accepter la mienne.

Accepter la voie de Dieu qui est souvent différente de nos rêves.

Accepter la Croix du Christ dans ma vie, c'est devenu accepter d'être heureuse - réellement heureuse - en vivant une vie qui ne correspond pas tout à fait à ce que j'avais espéré dans ma jeunesse. Jeune je rêvais d'avoir beaucoup d'enfants, et en fait j'ai épousé (un peu trop tard) un veuf avec trois enfants (adolescents alors). Je les ai finalement adoptés et je m'entends très bien avec eux. Cela veut donc dire d’accepter que Dieu se serve de mes échecs (apparents au regard des hommes) pour faire une réussite que je n'avais pas initialement choisie. Ne pas avoir moi-même d'enfants m'a permis de faire d'autres choses. Accepter ma vie comme une vocation décidée par Dieu peut être une forme de renoncement (ici à mes rêves de jeunesse), mais ce n'est pas vraiment une souffrance. C'est accepter de voir positivement, ce qui est un apparent échec... un peu comme la Résurrection qui surgit après la passion du Christ.

Le Christ a souffert pour nous.

 Je suis grandement reconnaissante à Jésus d'être saint à ma place (en allant jusqu'à la croix), puisque je ne suis même pas capable de le contempler sur la Croix. Parfois en pensant ma vie, je peux croire que j'ai porté ma croix avec Jésus, comme Simon de Cyrène. Cependant, je comprends de mieux et mieux que c'est uniquement par mon baptême (réactualisé par la confession) que je peux obtenir la vie éternelle. Mes bonnes œuvres sont insuffisantes à mon salut. Je déteste littéralement me confesser, et je trouve toujours mes confessions nulles. Pourtant, je m'y oblige (au minimum) avant chaque Pâques. Puisque je ne suis pas capable de suivre Jésus à la croix, autant passer par la voie du baptême (+ confession) pour être sanctifiée. C'est plus simple...quoique désagréable, mais pas autant que la croix. Je sais que mes péchés ne me permettraient pas d'être sauvée, mais je sais aussi que Jésus m'a revêtue de sa sainteté (conduite à sa perfection par sa croix) lors de mon baptême, et qu'il ne me demande que de réactualiser la grâce de mon baptême par la confession.

 

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Chemin de croix itinérant 2014

    
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Chemin de croix itinérant 2015
   
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Rameaux 2016
 

La richesse du partage

Par Jean-Philippe Clément

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tableau d'un frère de Taizé

Le partage peut évoquer le plaisir ou des difficultés. Bien des difficultés de nos sociétés sont liées à des partages. La Bible regorge de partages qui tournent mal entre des hommes, à l’origine de rancœur, de jalousie. Ils peuvent évoquer des désirs contradictoires et ambigus, des volontés de révolte ou de s’affranchir : « Père, donne-moi la part de fortune qui me revient. » (Luc 15,12).

Dans notre monde, le partage des richesses est inéquitable. Des « pays du Sud » regorgent de richesses dont les populations ne bénéficient pas, et pire souffrent de leur exploitation. Cela est rendue possible par une violence extrême qui engendre d’autres violences plus pernicieuses : pour l’homme « du Nord », l’acceptation ou le déni de situations est une forme de déni de sa propre humanité, une violence infligée à lui-même.

Partager est une nécessité vitale pour l’homme

Au besoin de mieux partager les richesses s’ajoute le besoin de mieux partager le travail. Le chômage de millions de jeunes, de parents, les empêchent de s’épanouir et de jouer le rôle qu’ils voudraient jouer dans la société. Chacun a besoin de se sentir utile à la communauté, d'apporter sa part au fonctionnement du monde, d'y contribuer par un service qui donne aussi du sens à sa vie. Partager est une nécessité vitale pour l’homme, qui vit par, pour, avec les autres. Les sociétés sont fondées sur la coopération mutuelle, les échanges, des formes de partage. Un homme ne peut se suffire à lui-même.

La notion de partage a une valeur positive dans de nombreuses religions, filles d'Abraham, animistes, ou bouddhistes. Dans la Bible, de nombreux discours l’exaltent. Le partage inconditionnel de nourriture et de temps, l’hospitalité d’Abraham (Genèse 18) à trois hommes, comme s’il accueillait Dieu, ouvre l’avenir d’un partage immense entre Dieu et les hommes. Le partage avec l’autre, depuis l’eau tirée du puits pour satisfaire Dieu homme en situation de besoin (Jean 4, la Samaritaine), jusqu’au partage de la souffrance de l’autre, la compassion - passion partagée, qui prend Jésus aux entrailles, nous amène à grandir ensemble. La nécessité du partage pour vivre le Royaume de Dieu ici et maintenant parcourt en filigrane Matthieu 25.

Partager c’est aussi recevoir de l’autre pour accueillir le tout Autre.

Partager c’est aussi recevoir de l’autre pour accueillir le tout Autre. Lorsque nous mangeons la nourriture de l’autre, surtout si c’est un plat traditionnel, nourriture de base ou de fête, nous accueillons l’autre, sa façon de vivre, sa vie : cela peut évoquer tant de chose pour lui ! Lorsque nous rencontrons l’autre, l’attitude d’accueil, le « partir de sa vie », de sa préoccupation et surtout de sa richesse est une attitude, une posture missionnaire essentielle : n’ayons pas peur d’avoir l’autre en bouche, d’avoir la curiosité et le goût de l’autre, de l’accueillir, de nous en imprégner : il peut devenir action de grâce (eucharistie) pour nos vies ! Pas étonnant que les chrétiens soient appelés à la suite de Pierre (Actes 10) à tout manger ! La foi digère tout : Il n’y a pas d’impur, il n’y a que le monde à sanctifier !

Agapê signifie « amour »

L’eucharistie des premiers chrétiens était un repas partagé dans une maison, une famille : une agape. Agapê signifie « amour », le vrai, désintéressé ! Et celui dont Dieu aime l’humanité et auquel Dieu invite les hommes à se réjouir, comme à un banquet de noces. Dans les Actes des apôtres, le partage est une condition nécessaire à la vie en communauté, qui ne peut pas ne pas être, également pour que de nouveaux disciples s’adjoignent et soient sauvés. Il est la manifestation de l’idéal chrétien, du Christ incarné par la vie de la communauté qui est signe pour le monde : relire Actes (en particulier ch.2 v42-47, ch.4, v32-37). La mort « intérieure » de ceux qui ne s’y prêtent pas en vérité et sans concession précède la mort physique : c’est l’histoire d’Ananie et Saphira (Actes, ch. 5). Si c’est la foi qui sauve et non pas nos actes, si c’est bien ici et maintenant que nous pouvons être sauvés, c’est bien par des refus tels que celui de partager, de faire pleinement communauté (qui signifie église) que nous pouvons nous-mêmes nous condamner.

Derniers textes pour la route : les six multiplications des pains (Matthieu 14 et 15, Marc 6 et 8, Luc 9 et Jean 6).

mjf_20150402_jeudisaint_dsc02081.jpgEt leurs constantes : Jésus est pris de compassion pour la foule et le partage avec ses disciples. Il inaugure le partage à venir en disant à ses disciples démunis « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Les disciples sont associés : à mesure qu’ils partagent le pain et les poissons, ceux-ci surabondent ! Bienheureux disciples qui se sont mis à partager à l’appel du Christ ! Un détail de Jean : c’est un jeune garçon qui a cinq pains et deux poissons. Qu’est-ce que cela pour tant de monde ? Etonnements : le jeune garçon a la nourriture, pas ses parents. Est-il le seul à en avoir ? Il n’a pas voulu garder pour lui. Il a eu la naïveté, la pureté (?) de le dire, la volonté de partager. Etait-il pris de compassion ? André quelque part agit de même et informe Jésus.
Et rassasier l’humanité devient possible.
 
 
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Dans les humanités partagées de nos vies, Jésus a besoin de nous, et nous avons besoin de lui. Lui se partagera jusqu’au bout, en fractions de pain données pour la multitude. Nécessité vitale pour l’homme, le partage est aussi nécessaire à la communion eucharistique, avec le Christ et les hommes. Alors, pendant ce Carême, saurons-nous être cet enfant qui ose et qui croit que son partage peut changer les choses ? Etre disciple qui n’est jamais trop pauvre pour n’avoir rien à partager, slogan du Secours Catholique ? Quelles agapes vivrons-nous ? Avec qui partagerons-nous un repas ? Croirons-nous à la puissance du partage avec les partenaires du CCFD Terre Solidaire ? Bref, partageons, nous communierons !

Plus qu'un repas à partager

Par Cong Dong Le

cong%20Dong.JPGCela remonte un peu loin dans le temps, mais ce souvenir reste comme un marqueur dans ma vie de chrétien. C’était pendant la guerre du Viet Nam, il y a 50 ans et j’étais professeur débutant dans un bled paumé situé entre les deux feux. Ma petite ville était entourée des casernes d’où tonnait jour et nuit la lourde artillerie. En même temps, s’abattaient sur la ville des roquettes de gros calibres venant de l’autre côté. Dans l’artère principale, défilaient des corbillards des militaires et pas mal de civils aussi. La ville grouillait de militaires, des réfugiés et des gens qui cherchaient les disparus de guerre. Comme prof célibataire et filleul du curé, j’étais hébergé dans le presbytère même. C’est dans ce contexte qu’un soir, pendant le carême, le cuisinier du prêtre nous présenta une jeune femme avec son fils de 4 ans qui étaient en ville à la recherche du mari, un militaire porté disparu pendant un combat. Ils étaient dans un piteux état pour avoir couru depuis plusieurs jours d’une caserne à l’autre en quête d’une nouvelle. Saisi tout de suite de pitié, le curé ordonna au cuisinier de leur préparer une place pour passer la nuit et invita la mère et l’enfant à partager notre repas du soir. Après avoir congédié les invités, nous étions surpris de voir le cuisinier toujours au seuil de la porte comme s’il voulait dire quelque chose. A la question du curé, il répondit : « Père, c’est très bien de les inviter à manger. Seulement, demain ils vont continuer à parcourir encore des kilomètres. Pour les réconforter, est-ce qu’on peut améliorer le repas de ce soir ? Le prêtre répond favorablement à cette requête en lui donnant un peu plus d’argent, puis se tournant vers son vicaire, il dit : « Nous pratiquons et enseignons au peuple le devoir chrétien de partage, mais ce soir, par la bouche de notre cuisinier, je sais maintenant que le devoir seul n’est pas suffisant. Nous partageons sans prendre en compte la réalité des besoins de l’autre, et de ce fait nous le laissons non rassasié et quelque fois même blessé. Nous sommes prêts à partager un repas mais notre cuisinier a proposé un partage d’amour. Il a vu ce que nous n’avons pas vu, car il a le regard du Seigneur. C’est le regard de l’amour ! ».

Depuis ce temps, je tiens compte de ce que je donne mais aussi de la raison de mon partage. Que voit mon cœur pour le frère qui est dans le besoin ? Je me rappelle cette parole de Saint Augustin : « Ama et fac quod vis » aime et fais ce que tu veux !